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10/02/2008

Description

Si tu attaques toutes tes phrases par Ahi ou Fouilla et que tu les finis toujours par « Bichette »,

* Si la plupart de tes amis s'appellent « Bobichon, Fayolle, Rouchon, Réocreux, Saniol, Saniard ou Pialou »,

* Si tu prononces les a fermés comme le â de « pâte » dans toutes tes phrases comme : « C'est çâ wai ! »,

* Si tu prononces les eu fermés également et qu'ainsi « jeune » se prononce comme « jeûne » comme par exemple : « Elle est tendue cell'lâ ! Tu veux l'awoir dans ta gueûle !! »,

* Si, quand tu prononces les voyelles nasales an, en, un et on, celles-ci tirent vers le in comme : « Oh Dylan vas-y lentemin dans les escaliers de la mère Fayolle et pour ce s'war oublies y pas les chaussin »,

* Si pour toi les e au milieu des mots sont souvent muets ; par exemple, « atelier » se prononce « at'lier » ou même « cette maison » sera prononcé « c'te maison », idem pour le fameux a de « Saint-Ch'mond » comme par exemple : « Ahi, c'te hè, l'aut' jour sur St Ch'mond j'ai pas dégamaluché dans l'at'lier du Francis mwa té ! »,

* Si parfois tu élides un peu les é des participes passés; par exemple « Qu'est qu'il a l'tram, il est arrêt' ou marre ! »

* Si tu prononces les v comme des w comme : « Ah sawoir à peu près 18 Euros 50 M'me Matricon! »

* Si le matin dans ta rue tu entends les gandous,

* Si pour toi un mec qui se la pète est un Calaille,

* Si dans ta cours de récréation quand tu étais petit, tu jouais les bonbons à la Grataille,

* Si le dimanche tu vas ramasser des babets,

* Si tu ne rechignes pas au médicament,

* Si tu connais forcément un Guichard qui s'la pète

* Si tu prends forcément l'accent stéphanois (même de façon forcée) au moins 5 fois par jour même quand tu es à 900 bornes de St Etienne,

* Si sur l'autoroute tu regardes à chaque fois, dans les voitures immatriculées 42 que tu croises sur l'Autoroute, si tu les connais,

* Si tu aimes bien ta petite râpée salade du dimanche,

* Si tu ne crains pas le sarasson,

* Si parfois dans les magasins tu es bercé par la musique lente de la vraie commerçante stéphanoise à la voix trainante et aux gestes lents mais sûrs,

* Si quand quelqu'un sort de chez le coiffeur tu ne peux t'empêcher de lui dire : « Ahi t'es passé sous l'tram ! »,

* Si quand quelqu'un a une nouvelle paire de chaussures, tu ne peux t'empêcher de les lui baptiser (même à 45 ans oui oui),

* Si tu dis des gens qu'ils ont du bien parce qu'ils roulent en R 19 Baccara,

* Si dans ton boulot y'a forcément quelqu'un qui dit : « On est mal payés mais alors qu'est qu'on rigole hein ! »,

* Si lorsque tu es sorti avec des amis tu vas chercher ta quiche aux champignons à 5h du matin à la Gerbe d'Or,

* Si tu t'es tapé un repas de famille (pour la communion du gosse) chez Barcet,

* Si tu as connu le Café de Paris avec les deux tenancières bizarres,

* Si tu as connu les 295 changements de la fontaine de la place de l'hôtel de ville,

* Si tu connais la Ric', Côte Chaude et Terrenoire comme ta poche,

* Si quand tu étais petit tu allais te promener dans la Plaine du Forez

* Si tu fais toujours une compétition de sport à Firminy ou St Héand les dimanches matin trop tôt,

* Si parfois tu allais faire ton tour les WE en Haute-Big,

* Si tu allais faire de la luge au Pilat alors que ton Papy était en train de s'enquiller 4, 5 grogs en te regardant de la vitre…

… Alors on peut dire que tu es stéphanois

30/06/2006

Les insultes amicales

On peut traiter quelqu'un de "petit con" ou de "mon salaud" affectueusement. Cela vaut aussi pour le "parler jeune". "Nique ta mère", "ta race", "bitch", "garage à bite"... Prises au premier degré, ces insultes sont d'une vulgarité apparemment sans retenue. Mais les spécialistes savent qu'un double mécanisme en désamorce souvent le sens.
Tout d'abord, l'usage fréquent d'un juron le vide en parti de son contenu. Cela fait longtemps que les "merde" et "fait chier" n'évoquent plus la défécation dans le langage courant. De même aujourd'hui pour "ta race". Le juron "putain" ou ("fuck") est devenu simple formule rituelle. Ensuite, l'insulte a un usage ludique, qui suppose une connivence (entre copines, "sale arabe" peut être affectueux), voire une admiration ("t'as vu comment il joue au foot, ce fils de pute").
L'insulte n'est pas toujours aussi violente que le pensent les adultes (enseignants, parents). Banalisée, elle perd de sa charge offensive et ne choque plus que ceux à qui elle n'est pas destinée.
 
Article récupéré dans Citato numéro 15 mai 2006
Source originale : Sciences Humaines, mars, par Jean-François Dortier